cartoonUne fois n’est pas coutume, je prends ma plume pour parler politique étrangère.
Outre-Quiévrain commence ce pays si près et si lointain que je ne puis appeler « mon pays » sans mentir.
En ce moment pourtant, le mensonge y est roi, donc je ne dépareillerais pas…..

….en politique.

Pour ne pas m’enliser dans les sillons bourbeux du Fillon honteux, droit dans ses bottes, bon catho ardent défenseur de la France, mais d’abord de sa propre famille – au risque de faire perdre sa famille politique – j’enjambe d’un grand bond toutes les primaires de quelque bord qu’elles soient, et dans un même élan sportif, le premier tour des élections présidentielles……….. pour atterrir splatch dans une belle merde qui s’appelle « Marine versus Macron ».

Ce plat pourrait tout aussi bien être un «Fillon au bain Marine »; entre deux droites irréconciliables (?), entre la peste et le choléra, que choisir, surtout quand on n’est pas de droite?

Grâce au scandale financier, qui entrera dans l’histoire comme le Penelopegate, et que mon hebdomadaire préféré, le Canard Enchaîné, a dévoilé en plusieurs épisodes, l’autre scénario semble de plus en plus probable: celui d’une réédition de 2002, dont l’issue sera moins certaine qu’il y a 15 ans.

Car ce scrutin présidentiel n’aura pas fini de nous étonner, ni de déboussoler la classe des commentateurs-sondeurs jamais avares d’explications.

Avant et après.
Pour l’avant : tous les soirs je me branche sur mon émission préférée, C Dans l’Air, modérée d’une main de maîtresse par Caroline Roux, aussi ravissante que percutante.

J’avoue, une certaine lassitude a commencé à s’installer après la nième émission consacrée à Fillon, mais je continue à regarder, comme un drogué.

Pour rester dans la médiasphère française, je n’ai jamais été un lecteur assidu de Charlie Hebdo, ni avant ni après.

« Avant » je n’avais pas besoin d’eux, et « après » ils n’ont pas besoin de moi, puisque tout le monde est Charlie depuis le 7 janvier 2015….le temps que ça dure, cet élan de solidarité et d’attachement farouche à la liberté d’expression.

Tant que cette liberté n’est pas utilisée pour publier un dessin qui, au lieu de “ridiculiser” l’islam, bafoue vos propres convictions, croyances ou autres superstitions.

Comme je l’ai dit dans un autre article sur mon blog, je dois beaucoup à leurs dessinateurs, notamment Wolinski, en matière linguistique.

Politiquement parlant par contre, je préfère le style et les analyses du célèbre Palmipède.

Je me suis quand-même laissé tenter la semaine dernière, attiré par la couverture avec le masque de Penelope Fillon, « pour gagner 500.000 euros à ne rien faire » (la somme exacte n’étant pas encore publiée par le Canard Enchaîné).

http://www.jeanmarcmorandini.com/article-364303-penelopegate-charlie-hebdo-offre-ce-matin-le-masque-de-mme-fillon-pour-gagner-500000-euros-a-ne-rien-faire.html

Force est de constater qu’en matière d’images ils vont toujours loin chez Charlie. Très loin. Trop loin ?

C’est peut-être une question de goût.
De bon ou de mauvais goût, dirait-on dans les manoirs sarthois.

Là aussi, je préfère les petits croquis en noir et blanc du Canard, avec peu de mots, mais quelle finesse, quel humour, le véritable esprit gaulois, quoi.

Par contre, j’étais agréablement surpris par les articles de Charlie.

De bonnes analyses, dans un style limpide.

Les positions sont claires, qu’on les partage ou pas.

Notamment leur intransigeance en matière de laïcité, qui en France – et quand il pleut Paris….. – prend un aspect quasi-religieux, encore exacerbée quand elle est mise à la sauce de “la République” (avec combien de majuscules, Monsieur Valls ?).

Ni de droite ni de gauche – tel Macron? – Charlie Hebdo critique avec véhémence quiconque serait prêt à des accommodements raisonnables avec l’islam.

Ainsi dans le numéro que j’ai acheté, Benoît Hamon est taxé de complaisance envers l’intégrisme et le clientélisme communautariste.

Je cite la conclusion de l’article « A genoux » dans son entièreté, car elle en vaut la peine :

« Les religions, à plus forte raison lorsqu’elles se mêlent de politique, n’ont jamais accordé de droit supplémentaire à quiconque – au contraire, leur principal objectif est d’en retirer – ni contribué, loin s’en faut, à l’évolution des sociétés. La gauche semble malgré tout résolue à leur ouvrir une autoroute, sans même une barrière de péage. Elle serait bien sympa d’y réfléchir. Il serait salutaire, pour le prochain scrutin présidentiel, que l’électeur ait le choix, pour contrer une extrême droite qui trempe ses battes de base-ball dans l’eau bénite, entre autre chose qu’une droite qui revendique son « identité » chrétienne et une gauche qui collabore de bon cœur avec les barbus ».

Qu’on soit d’accord ou pas, qu’on soit de droite ou de gauche, ou de la gauche de la gauche, j’apprécie le langage.

Benoît Hamon appréciera moins….

 

La gauche (de la gauche) en prend aussi pour son grade dans l’article que j’ai scanné ici:

scan

 

 

Le message pourrait être compris comme une exhortation à voter pour les écologistes, malheureusement si peu audibles et crédibles en France, parce qu’ils défendraient les vraies valeurs, celles de la vie, voire de la survie: choisissez avant, pour qu’il y ait un après!

La gauche « universelle » ne serait rien d’autre qu’une gauche « franchouillarde », et ne parlerait pas de « l’affolante question politique de la pollution de l’air, qui peut désormais s’étendre sur des centaines de kilomètres, campagnes incluses…. ».

Et pourquoi elle n’en parle pas, cette gauche franchouillarde ?

« (…) parce qu’il faudrait cette fois faire de la politique pour de vrai. Et poser la question de la bagnole individuelle et de l’organisation même des villes et du travail ».

Ce qu’apparemment elle ne fait pas, tel ce ministre belge de l’environnement qui, dans un moment de franchise lucide, déclarait avoir la réponse sans pouvoir l’appliquer sous peine de signer son arrêt de mort politique……..

Il se peut que le côté islamo-complaisant ait quelque peu obnubilé Fabrice Nicolino, auteur de l’article « Gauches Irréconciliables – Choisissez votre camp », car le soir de sa victoire aux primaires de la gauche, Hamon a bien évoqué les problèmes environnementaux auxquels il voulait s’attaquer.

Simple calcul politique pour récupérer les voix écologistes?

Il est vrai que les thèmes que nous avons surtout entendus, dans C Dans l’Air comme partout ailleurs sur les chaînes françaises, étaient franco-français : Make France Great Again ?

Je retiens ceci : la gauche doit choisir son camp, celui de l’écologie politique.

Sinon elle est vouée à disparaître !

 

Pour moi l’enjeu est clair: la véritable écologique politique ne saurait être ni-ni, sous peine d’être dans le déni: elle est résolument de gauche!

Tout comme la gauche politique doit être écologique pour être véritablement de gauche.

Et cela dans toutes les primaires et tous les tours du monde.

En France comme en Belgique!

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